Samedi 5 septembre 2009



Bretonnes latitudes

 

Les vagues sont l’épiderme

Et la ria blessure

 

Un souffle d’occident

Fait muraille légère

Sur mes tempes en césure

 

Je vais sur l’ocre blanc

Sous l’archet d’une plage

 

Deux hirondelles frôlent

Les épis de goémons

Moissons dune tempête

 

Les houles s’aplanissent

En courtes amplitudes

Fréquences qui s’émondent

Bretonnes latitudes

 

 

 

 

Par loic le meur
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Vendredi 28 août 2009

Schieffer

 

 

Tu navigues désormais au seuil de jeunes Loire

Au loin des embouchures que quittent les cargos

Sous d’immenses tropiques où le levain dérive

Marchant sur des viaducs, tu me l’as raconté

 

Houles de volcans morts chante sous les phonolites

Un vaisseau de pierres noires où tu serais vigie

Le sillage d’une bêche au flanc d’un long jardin

Marquerait la dérive de souvenirs anciens

 

Traversées d’Océans vers de vieilles Angleterres

Affronter les tempêtes invite à la colère

Dont il reste l’écume aux teintes d’abricots parfumés à la menthe


 

 

 

 

Par loic le meur
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Jeudi 27 août 2009

Dimanches

 

C’est le destin pluvieux de ces petites gens

Elles promènent leur ennui, cheminant sur la route

Confins de vieux hivers

Dimanches après midi

 

Les femmes vont devant
Charriant les enfants

 

Elles cancanent en basses cours

Suries d’histoires funestes

Teintées de femmes perdues

Et d’enfants malformés

 

Pull-overs en jacquard

Colorés comme faisans

Des hommes graves les suivent

Evoquant leurs misères

 

 

Ils cinglent en phrases courtes

Des jugements imbéciles

Colorés de rancœurs

Empreints de jalousies

 

C’est qu’ils ont une grande gueule !

La semaine à l’atelier

 

Ils cheminent dans l’ennui

Promenant sur la route

Leurs colères naïves

 

Et leurs silhouettes mortes

Dissoutes par la pluie

S’enfoncent dans le décor

Aux courbes de leurs vies

 

Par loic le meur
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Dimanche 23 août 2009







Finir ses vingt ans au fond d’une prairie

Un gris matin de Juin en sombre Normandie

La vie parfois s’emporte sous l’ouragan des guerres..

Une date et un nom, carré Stéphan Haider

 

Etre encore un enfant que des plus vieux enivrent

Les soirs de lassitude en ces villages torves

Au sourire des filles qui se fichent des guerres

De ces temps indécis où l’on ne sait que faire

 

Aux heures du regain où le chant de leurs mères

Résonne une dernière fois sur les larmes amères

De ces petits garçons qui roulent de grands yeux

En se tenant le ventre ils regardent les cieux

 

Maintenant tu dois vivre et aimer les matins

Devenir un instant celle qui porte le monde

Une fille de vingt ans qui perce les nuages
Sous d’immenses ciels bleus où je veux t’emmener

 

 

   

Par loic le meur
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Vendredi 21 août 2009

 


Canyons de sable

Et l’ombre des parois

Infinies décimales, érosions

Million d’années

Minutes écourtées

 

Ciels blancs d’incertitudes

Mer grise

Scintillante d’éclats

Sous grands coureaux de Groix

 

Tessitures multiples

Mille octaves entendues

Pays sans horizons

Au fond de ces canyons

 

Quelque part d’univers

Aux gammes chromatiques

Prélude régulier

D’un moteur en étoile

Qui mène un vieux junker

 

Son ombre sur l’estran

Imprime l’ancien temps

Il entame l’air dense

D’un grand ciel de traine

 

Années qui s’évaporent

Où des vieux s’en venaient

Cueillir sur les aires, de platiers rutilants

Les coquilles dorées, aux douceurs lacustres

D’un monde qui s’écroule

En de tristes canyons

 


 

Par loic le meur
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