Bretonnes latitudes
Les vagues sont l’épiderme
Et la ria blessure
Un souffle d’occident
Fait muraille légère
Sur mes tempes en césure
Je vais sur l’ocre blanc
Sous l’archet d’une plage
Deux hirondelles frôlent
Les épis de goémons
Moissons dune tempête
Les houles s’aplanissent
En courtes amplitudes
Fréquences qui s’émondent
Bretonnes latitudes
Par loic le meur
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Schieffer
Tu navigues désormais au seuil de jeunes Loire
Au loin des embouchures que quittent les cargos
Sous d’immenses tropiques où le levain dérive
Marchant sur des viaducs, tu me l’as raconté
Houles de volcans morts chante sous les phonolites
Un vaisseau de pierres noires où tu serais vigie
Le sillage d’une bêche au flanc d’un long jardin
Marquerait la dérive de souvenirs anciens
Traversées d’Océans vers de vieilles Angleterres
Affronter les tempêtes invite à la colère
Dont il reste l’écume aux teintes d’abricots parfumés à la menthe
Par loic le meur
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Dimanches
C’est le destin pluvieux de ces petites gens
Elles promènent leur ennui, cheminant sur la route
Confins de vieux hivers
Dimanches après midi
Les femmes vont devant
Charriant les enfants
Elles cancanent en basses cours
Suries d’histoires funestes
Teintées de femmes perdues
Et d’enfants malformés
Pull-overs en jacquard
Colorés comme faisans
Des hommes graves les suivent
Evoquant leurs misères
Ils cinglent en phrases courtes
Des jugements imbéciles
Colorés de rancœurs
Empreints de jalousies
C’est qu’ils ont une grande gueule !
La semaine à l’atelier
Ils cheminent dans l’ennui
Promenant sur la route
Leurs colères naïves
Et leurs silhouettes mortes
Dissoutes par la pluie
S’enfoncent dans le décor
Aux courbes de leurs vies
Par loic le meur
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Finir ses vingt ans au fond d’une prairie
Un gris matin de Juin en sombre Normandie
La vie parfois s’emporte sous l’ouragan des guerres..
Une date et un nom, carré Stéphan Haider
Etre encore un enfant que des plus vieux enivrent
Les soirs de lassitude en ces villages torves
Au sourire des filles qui se fichent des guerres
De ces temps indécis où l’on ne sait que faire
Aux heures du regain où le chant de leurs mères
Résonne une dernière fois sur les larmes amères
De ces petits garçons qui roulent de grands yeux
En se tenant le ventre ils regardent les cieux
Maintenant tu dois vivre et aimer les matins
Devenir un instant celle qui porte le monde
Une fille de vingt ans qui perce les nuages
Sous d’immenses ciels bleus où je veux t’emmener
Par loic le meur
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Canyons de sable
Et l’ombre des parois
Infinies décimales, érosions
Million d’années
Minutes écourtées
Ciels blancs d’incertitudes
Mer grise
Scintillante d’éclats
Sous grands coureaux de Groix
Tessitures multiples
Mille octaves entendues
Pays sans horizons
Au fond de ces canyons
Quelque part d’univers
Aux gammes chromatiques
Prélude régulier
D’un moteur en étoile
Qui mène un vieux junker
Son ombre sur l’estran
Imprime l’ancien temps
Il entame l’air dense
D’un grand ciel de traine
Années qui s’évaporent
Où des vieux s’en venaient
Cueillir sur les aires, de platiers rutilants
Les coquilles dorées, aux douceurs lacustres
D’un monde qui s’écroule
En de tristes canyons
Par loic le meur
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