Mardi 12 août 2008

Carnac

 

Les bruines monotones

Enfument Kermario

Les gouttes s’y condensent

Aux pointes de l’ajonc

Assourdissantes automnes

Vaporisant la terre

Les bagads de pierre

Sonnent une suite immobile

S’en allant en cortège

Sous les arcs du temps

 

Et l’Armorique les porte

En dérive terrestres

Aux failles de Lanvaux

Où ils s’engloutiront

 

Des averses infinies

Délitent Crucuno

En ces fonds de Novembre

Où les jours fatigués

S’ankylosent de torpeurs

Tandis que sous  ces tables

Digérés par la terre

Des fémurs s’amoncellent

En forêts de misères

Sur de mornes lisières

 

Et l’Armorique les porte

En dérive terrestres

Aux failles de Lanvaux

Où ils s’engloutiront

 

Viennent enfin les bannières

Des ciels dévastés

En dépressions d’hivers

Qui peignent sans couleurs

Ces mégalithes atones



Que des hommes élevaient

Pour éteindre la rage

De leurs envie de guerre

En étalant leur force

Aux villages d’entours

 

Et l’Armorique les porte

En dérive terrestres

Aux failles de Lanvaux

Où ils s’engloutiront

Par loic le meur
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Lundi 11 août 2008

Je suis  parti

Voir les étoiles

 

Elles restaient froides et silencieuses

Elles étaient roides et sentencieuses

 

Je suis parti

Vers les comètes

 

Filantes en des silences de mort

Perdues loin du berceau de Oort

 

Je suis parti

Voir les planètes

 

Elles Labouraient les champs d’orbites

Sur les ellipses où elles gravitent

 

Je suis parti

Au vents des mers

 

Se brisant en écumes rondes

Dans des grondements de fin du monde

 

Je suis venu

Contre ton cœur

 

Qui bat la mesure et l’heure

De mes rêves enfin immobiles


 

Par loic le meur
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Lundi 11 août 2008

Panspermie

 

L'ost quantique renverse les déserts

Chevauchant fantastique

Les photons à l'œil sombre

Et dans ces fonds sans bords

L'espace temps se distors

 

Et ces noirs chevaliers

Pourchassant l'irréel

Eperonnant la pensée

Sur leurs vaisseaux divins

S'échinent aux vents stellaires

 

Ce sont les procureurs

Des lois universelles

Diligentant l'offense

A force d'humanités

Que sont leurs bras armés

 

Soldatesques voyageuses

Décimant les parsecs

Aux chant des super cordes

Ces redoutables hordes

Enfantent l'existant

 

Et nous voilà vivants

Fils à nos dépends

De ces funestes viols


 

 

Par loic le meur
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Vendredi 8 août 2008

Le vieux bagad s’ébranle

Tonalités qui braillent

Aux poches des binious

S’exhale un dernier souffle

 

Ils ondulent en mirages

Avalés par la pluie

Sur le pas des bannières

D’insignes troménies

 

Et les femmes trottinent

Anonnant des cantiques

En planant sous leurs coiffes

Aux brises du Finistère

 

L’œil furieux des soutanes

Damne les rires égrillards

De ces républicains

Qui ne respectent rien

 

C’est qu’en des arsenaux

On peint ces hommes en rouge

Aux nom de paradis

Inaccessibles aux saints

 

Ils vénèrent Lénine

Et lisent en Français

Embrigadant nos filles

En de folles promesses

 

Abattant nos coutumes

Comme on tranche les chênes

Pour établir les mats

Des nefs qui les perdront

 

Les voilà donc nos fils

Qui deviendront ces gens

Délivrés des guenilles

De nos vielles croyances


 

 

 

 

Par loic le meur
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Vendredi 8 août 2008

Pauvre idylle

 

Il y eut ces coeurs d'hivers engourdis d'amours mortes

Et ces matins brisés au chant des fleurs de givre

Où j'allais harassé aux simouns des déserts

Terrassé de fatigues au gré de mes misères

 

Et notre pauvre  idylle lentement s'évapore

 

Nous fûmes comme ces feuilles aux pourpres de l'automne

Tournoyantes aux bourrasques de ces Fœhns mauvais

Désespérés sans force ployés par ces tourmentes

Pleurant comme un enfant aux portes de l'école

 

Et notre pauvre  idylle lentement s'évapore

 

Barrés de noirs terrils Il y eut ces horizons

Aux rectilignes pavés des infinis corons

Où nos corps invalides allaient vers les vieilles fosses

S'asphyxier lentement aux grisous des routines

 

Et notre pauvre  idylle lentement s'évapore

 

Aux silences hurlants des savanes aux midis

Anéantis d'opprobre dans des cornes d'Afrique

Ou d'immenses miliciens sous des soleils de plomb

Riaient comme des hyènes à nous voir dépérir

 

Et notre pauvre  idylle lentement s'évapore

 

Aux exigences honteuses des solitudes humaines

Qui s'en vont aux bordels pour vider l'infamie

De leurs destins meurtris de ne savoir aimer

Nous rejoignions hagards ces terribles cohortes

 

Et notre pauvre  idylle lentement s'évapore

 

En alignant des maux aux grisailles des rimes

Je cogne abasourdi aux parois d'un étau

Lui qui serre à l'envi en flamboyantes démences

Cette bluette sans préface que nous avons cru vivre

 

Et notre pauvre  idylle lentement s'évapore

 

 

 

 

 

 

 

Par loic le meur
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