Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 18:15

 

 

 

 

 















Baies d’Audiernes

 

 

Les rouleaux d’Atlantique

Feulent sur les grands bancs

En s’effondrant soudains

Sur les galets qui crissent

 

Dans un brouillard d’écume

De lourdes casemates

Sombrent dans les grands sables

Dévorées par le flot

 

Et les arbres tordus

Habités par le vent

Agrippent des ciels noirs

Où planent les tourmentes

 

Traversant ces déserts

Aux marais faméliques

Des dépressions en ruines

S’évasent à l’infini

 

Le souffle des revenants

Gronde dans les chapelles

Erodant les calvaires

Arasant les cimetières

 

Dans ces fins de pays

Où les hommes s’agrippent

En marchant tête haute

Dans d’adverses fortunes

 

Noires Bigoudénies

Aux vieux accents d’orgueil

Aux phares gigantesques

Qui dominent ces plaines

 

Qui ne donnent rien d’autre

Que la peine et l’ennui

Où le premier voyage

Que l’on offre aux enfants

 

C’est de partir conscrit

Parlant à peine Français

Dans un pays lointain

Qui se nommait Verdun

 

Alors sont revenus

Leurs pauvres patronymes

Gravés d’or sur les plaques

Aux murs de leur paroisses

 

Pour ceux devenus fou

A force de mauvais vins

Que la guerre rendait

Il restait la révolte

 

Qu’une patrie désinvolte

Avait semée en germe

Qui poussait dans leur cœur

De soldats sans honneurs

 

Qui avaient vus tomber

Tels des vieux chevaux

Leurs frères de malheur

Dans ces grands abattoirs

 

 

Par loic le meur
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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 18:33
ici la nostalgie d'une localité de haute loire qui m'émeut particulièrement, parcequ'elle est rattachée à des souvenirs d'adolescence et de découverte
langeac est une ville ou se situait un dépôt de locomotives à vapeur, bien que je n'ai jamais connu cette période j'ai voulu m'imaginer une sensation lumineuse par delà la suie et l'odeur d'un dépôt, au sud de langeac il y à de petites mines de spath à l'abandon, mais l'évocation des trains de billot relève de leur expédition vers les mines de charbon de la région d'Alès dans les Cévennes


Le sommeil des machines

 

Sous un ciel de laudes

Dans ces matins de Juin

Quand la nuit s'éteignant

Dans la douceur des aubes

Nous enjambions des voies

Aux senteurs de ballasts

Exhalant des traverses

Les vespérales averses

 

Aux jours du grand dépôt

Dans les effluves d'oxydes

Le sommeil des machines

Bercées par la vapeur

Fragrances de charbons

Et saveurs de fraisil

Claquements de signaux

Aux bout des longs faisceaux

 

Et le soleil venait

Etreignant  les nuages

Sur les montagnes fortes

Que portent les Cévennes

Aux grondement des plaques

Tournantes dans les rotondes

Les fanaux palissaient

Dans un décor de suie

 

Je revois ces longues rames

Broutant dans les grandes herbes

Ces wagons de billots

Assemblés en troupeaux

Parfumés de résine

Patientant qu'une loco

Aux panaches d'escarbilles

Les rebrousse vers la mine

 

 

 

 

 

 

Par loic le meur
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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 15:04

Dans la cabane en fer

D’une vieille bourrique

Tandis qu’un enfant bleu

Sur la ligne bleue de Vosges

En avenirs incertains

Où des moindres carrés

Ne servant plus à rien

Pavent leurs solitudes

 

Alors qu’ Billancourt

Naissent de belles autos

Mitrailleuses à essence

Moins chère que le vin

Qui remplissait les foudres

Soldatesque en déroute

Sous de vieux généraux

 

Tandis qu’en péninsule

Où vivent les ibères

Un général sénile

Aux ordres des curés

Garrotte de petits hommes

Entre deux oliviers 

 

Alors qu’un maréchal

Ivre  de Vichy fraise

Balance sa francisque

En scandant les heures mortes

A de vieux miliciens

Attelés de chiens bleus

Marchant à l’étendard

Sous des fifres aigrelets

 

Soudain le ciel éclate

Du côté du levant

Ou des rayons gammas

Vitrifient les rizières

Alors qu’un tas de zeks

Ouvragent un grand canal

Sous l’œil goguenard

D’un maréchal d’enfer

 

Plus tard dans une bassine

Cernés par Ho Chi Min

D’anciens soldats tudesques

Tatoués sous l’aisselle

Tombent sur Gabrielle

Pour apurer la dette

Du caporal d’Autriche

 

Dans la cabane en fer

D’une vieille bourrique

Adoubant à coups de triques

Leurs uniformes sanglants



Ici l'amertume des vanités humaines et son pan grotesque nous font voyager dans la période 1940/1954, c'est d'ailleurs le titre auquel j'avais pensé au départ, j'ai choisi Nagasakis pour éclairer

le début de la 4ème strophe
cette période évoque les sombres prémisses d'un temps ou l'èspèce humaine en temps qu'être unique devra choisir entre sa survie ou son suicide
la vieille bourrique représente le mal tel que l'esprit humain pourrait le concevoir; ici ni dieu ni diable. 

 

 

 

Par loic le meur
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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 14:55

Il pleut en Désamour

C'est un pays lointain

Où il fait toujours gris

Des vieilles en fichu

Sur des chemins boueux

Y suivent des charrettes

 

Il pleut en désamour

C'est un pays lointain

De plaines infinies

Aux terres retournées

Des arbres faméliques

Y suintent d'humilité

 

Il pleut en désamour

C'est un pays lointain

Où l'horizon est mort

Des villages en ruine

Mangés par les brouillards

Y meurent étouffés

 

Il pleut en désamour

C'est un pays lointain

Et ces contrées sont miennes





ce texte m'à été inspiré par ces plaines infinies d'Europe centrale, en particulier par la vision de fims sur la

 shoah. ces paysages évoquent le desespoir et l'ennui, l'immobilité des choses et du temps

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par loic le meur
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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 14:26

sur ce média je vais vous soummettre des textes , est ce de la poésie ou des images, des sensations ou des sentiments a vous d'en faire ce que vous voulez
j'écris pour moi mais je me suis aperçu que le fait de partager ou d'offrir cette "littérature" à d'autres était quelque chose d'agréable; un peu comme si hurler dans le désert avait un sens
pas de ligne conductrice , de la révolte, de la nostalgie, des remords, des images, des métaphores, une sorte de psychanalyse poétique  bref un essai de communication et d'échanges

loic le meur

je vis dans le Morbihan, j'ai 50 ans 

Par loic le meur
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