Dimanche 10 mai 2009

 

Brec’h

 

L’angélus résonne dans le village qui sonne

Aux cloches usitées qui rappellent au matin

Qu’à l’heure du boulanger la place sent le pain

Et qu’au café breton on parle de chez Michelin

 

Je traverse d’un trait l’air agreste des jardins

L’averse de la nuit fait briller les ardoises

Un soleil jeune encore y dessille l’aurore

Parfumant d’aventures ma course à bicyclette

 

La boulangère évoque l’univers équivoque

De sa longue boutique aux parfums d’épicerie

Et son homme s’en vient sourire franc poignée claire

Sortant grandes panières, baguettes qui grésillent

 

Un sourire, une blague, le Ouest France plein d’encre

Un long car qui arrive repartant vers Sainte Anne

Un tracteur agricole s’en retourne à Landaul

Stoïque soldat de bronze qui gardienne la place

 

Et je reviens vers toi une brioche sous le bras

Ton regard m’illumine dans les rais de lumières

Que filtrent les volets où tu m’attends déjà

Princesse d’un village aux accents de splendeur

 

 

 

 

 

Par loic le meur
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Samedi 2 mai 2009

Enfances

 

Et parfois je m’en viens arpenter mes enfances

Aires démesurées sous tant de libertés

Portes grandes ouvertes qu’on offre aux gamins

Venus chez braves gens occupés aux usines

 

Mal aimés de leur maîtres cultivant l’insolence

Au nez de ces hussards des écoles ca  tholiques

Que l’on me le fit payer en lingots de mépris

 

J’y ai puisé la verve, grande désinvolture

La révolte tranquille des âmes sarcastiques

Et pour cela mes fils je vous offre l’esprit

Celui de cet orgueil qui mènerai le monde

 

En offrant compassion  à ces petites gens

Qui viennent sans terreau aux racines du savoir

Et en forgeant les armes sur le tranchant des mots

Décapitant à l’aune les viles conventions

Exhibées le Dimanche au sortir de la messe

 

Beaux messieurs cravatés et leur femme en sarrau

Couvrants l’œil arrogant  leurs si beaux enfants tristes

Considérés ceux là…

Par leurs maîtres onctueux

 

Ils feront les Ecoles suris de suffisances

Devenant à leur tour la chiourme de ces aires

Démesurées d’enfance

 

D’où ils ne m’ont pas vus

M’enfuir en souriant

 

 

 

 

 

 

 

 

Par loic le meur
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Samedi 2 mai 2009

Confins

 

De bombardes têtues en clarinettes tristes

Tournoyantes gavottes

Aux confins du canton

 

Et ces rustauds naïfs aux yeux couleur de ciel

Aux croyances agrestes dictées par les recteurs

Imbéciles rustiques

Broderies au gilet

Portant droit les bannières, furieuses diocésaines

 

Pèlerinages obtus interstices de bruine

Accroyances têtues en sornettes druidiques

Férule des calvaires et fontaines magiques

 

Récoltes de fruits blets

Mûris sous les nuages

 

Je n’aime pas ces images, elles m’évoquent l’outrage

D’ancêtres nourris au seigle..

 

Dorées comme ces pyrites qui bousillent l’ardoise




 

 

 à Simon Pass

Par loic le meur
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Lundi 27 avril 2009



Touraines

 

Aube grise chant de l’Indre, et mon sommeil vacille

Tandis que les chiens jappent au clair des jardins

Les boutiquiers avides font claquer les tréteaux

C’est matin de comice sous blanche forteresse

 

Le chemin Tourangeau s’étrangle sous le joug

Une austère poterne lumineuse d’eaux fortes

D’immenses marronniers saupoudrent neiges roses

Les gazons du grand parc, perspectives allées

 

Y veillent de vieux bancs enrubannés de vert

Au milieu du printemps les matins s’y allongent

Les arches du moulin y filent mon reflet

Comme ondulant sur l’erre en mille éclats de vers

 

 

Loches le 25 Avril 2009

 

Par loic le meur
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Lundi 27 avril 2009



Gare de loches

 

Gare de Loches, un court matin d’Avril

Sous le couvert frêle d’une marquise grêle

 

Y stationnent gravement quelques anciens combattants

Gendarmes, sous préfet convenus en retrait

Minute de silence pour célébrer l’offense

Vieux drapeaux qui s’abaissent

Oriflammes en bernes

 

On cite quelques noms morts en déportation

 

Gare de Loches, un court matin d’Avril

Sous le frêle couvert d’une marquise grêle

 

Une petite harmonie grosse caisse qui scande

Entraîne toute cette bande vers la gendarmerie

 

Et je donne la main à mes jeunes garçons

J’ai envie de pleurer, ils se taisent aussi

 

Douleurs muettes d’années où nous n’étions pas nés

 

Gare de Loches, un court matin d’Avril

Sous le frêle couvert d’une grêle marquise


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par loic le meur
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