Samedi 12 novembre 2011
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Jour de vogue (la grande combe)
Sirènes des grandes combes, fumeroles acides,
Une cité blottie, routes du Gévaudan.
La rumeur des étals, courant sous les platanes,
Cafetiers belliqueux, paysannes incertaines en ces journées de foire.
L’autobus des courriers aux vitres astiquées, rangé devant la gare,
La fraicheur déjà grêle d’une longue journée.
Le glissement des bielles, une machine haut-le-pied
Descendant pour Alès en retour de cordée.
L’inquiétude d’une mère sur le poids des années
Petit garçon malingre en route pour l’école
S’arrêtant chez l’aïeul boire de l’eau sucrée.
La tristesse d’un père revenu d’Algérie,
Une conscience crucifiée, village des Aurès
Café de la rotonde, forum des oubliés.
Désinences d’histoires aux faîtes de leurs vies,
Descendances concédées, servitudes houillères
Martelées de misère leur donnant gravité
La vogue de Sainte Barbe éclaircissant l’été,
Où les sœurs amènes dansent le cœur léger
Se donnant tout à l’heure dans l’ombre des courtils.
Les fosses endormies où dorment les berlines
Les cages silencieuses à l’orée de leur puits.

Revoir ces longues rames, broutant les graminées
Noirs wagons de billots parfumés de résine,
Assemblés en troupeaux, patientant qu'une loco
Panaches d'escarbilles, les rebrousse vers la mine.