Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 18:02

1981

Carillon de bambous élingués par la glace
Une friche hivernale aux psalmodies du soir
Et mon cœur en sautoir envenimé de froid

Je m’en vais autrefois

Ton regard assourdi par notre désamour
Que fais tu a cette heure toi qui me blesse encore
Malgré les décennies

Et quand je me retourne
J’aperçois cependant
Les chemins effondrés qui menaient aux usines

Un oncle communiste conduisant les machines
Un soleil de victoire en ce Lundi de Mai

Les routes italiennes pour de longues semaines
Un camion, des Toscanes
Un décor plein d’envers .

 

 

 

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Par loic le meur
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 08:07

Mam goz

 

 

 

Voilà Mam goz  partie,  se vautrer sous la terre

Et nous voilà marris avec nos mains qui pendent

Les poules sont inquiètes, qui va s’en occuper ?

Et le frère un peu fol, qui va le consoler ?

 

 

 

La vieille, elle doit bien rire, là bas avec l’ankou

En funestes tavernes parfumées par la suie

Cendre de nos misères où s’enflamment nos  haines

Recluses depuis toujours en ces tristes villages

 

 

 

Elle nous a fait treize, de bien vils apôtres

Fantôme de calvaires, exsangues sous la pluie

Le père ne parle plus depuis la maison vide

Et les femmes sont rares en nos vieilles patries.

 

 

 

Tout à l’heure sous l’averse, au cimetière nous irons

Marchant derrière l’arsouille attifé de soutane.

Dans les flaques de boue, de nos sabots l’étrave

Donnera la cadence à l’insigne convoi.

 

 

 

 

 

 

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Par loic le meur
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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 23:31

Pavel (cantique des houillères)

 

 

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Pavel est bien parti, aux aubes décaties

En longeant les murailles, poumons  appareillés

Il entaille d’un pas vif le chemin des perrières

Effleurant les traverses déferrées d’avant-hier

 

Et le chevalement muet scrute comme aux arrêts

La complainte harassée des camions ferrailleurs

Qui morigènent forts, sous leurs bennes chargées

  

Une époque agonie, des monceaux de poussière

De grandes harmonies s’accordant au cimetière

 

Il s’en vient jouer aux boules au flanc de la cité

Café des colonies, la tonnelle en été

 

Une  lèpre de sapins étouffe les crassiers

Sirènes bâillonnées, la chanson des houillères

 

Pavel est bien parti, au soleil d’aujourd’hui

Pour rendre la silice qui sommeillait en lui

 

Pavel est sous la pierre à l’ombre d’un ubac

Un sépulcre ouvrier, les machines qui vaquent

Par loic le meur
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 14:45

Hôpital

De ces jeunes hivers aux confins de novembre
Je dessine à regret le couvert des étoiles
Il pleut sur mes rancœurs

La constance d’un fanal
Un soir où mes enfants veillent comme des chalands
Le bief d’un canal, la rumeur des platanes

Tandis que tout là-bas au cœur d’un hôpital
Désinence d’un père en route sur l’envers
Une âme sans détresse

C’est le temps des balises menant aux heures grises

Il retourne alors aux clairières de l’enfance
Les courses surannées les Jeudi d’insolence
Ou veillent avortés ces désamours fanés.

 

 

 

 

a MDF...

 

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Par loic le meur
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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 21:03

Jour de vogue (la grande combe)

 

Sirènes des grandes combes, fumeroles acides,

Une cité blottie, routes du Gévaudan.

La rumeur des étals, courant sous les platanes,

Cafetiers belliqueux, paysannes incertaines en ces journées de foire.

 

L’autobus des courriers aux vitres astiquées, rangé devant la gare,

La fraicheur déjà grêle d’une longue journée.

 

Le glissement des bielles, une machine haut-le-pied

Descendant pour Alès en retour de cordée.

  

L’inquiétude d’une mère sur le poids des années

Petit garçon malingre en route pour l’école

S’arrêtant chez l’aïeul boire de l’eau sucrée.

 

La tristesse d’un père revenu d’Algérie,

Une conscience crucifiée, village des Aurès

Café de la rotonde, forum des oubliés.

 

Désinences d’histoires aux faîtes de leurs vies,

Descendances concédées, servitudes houillères

Martelées de misère leur donnant gravité

 

La vogue de Sainte Barbe éclaircissant l’été,

Où les sœurs amènes dansent le cœur léger

Se donnant tout à l’heure dans l’ombre des courtils.

 

Les fosses endormies où dorment les berlines

Les cages silencieuses à l’orée de leur puits.

 

 

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Revoir ces longues rames, broutant les graminées

Noirs wagons de billots parfumés de résine,

Assemblés en troupeaux, patientant qu'une loco

Panaches d'escarbilles, les rebrousse vers la mine.

 

 

 

Par loic le meur
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